Cardavebook

08/07/2017

 

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David Cardavebor

 

Ci-dessous, Bernard Werber, ou la possibilité d'une île

 

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Evangile de Jésus Christ selon Cardavebor - 1ère partie

Dimanche 23 Juillet 2017

Pour commencer, je vous préviens que je vais blasphémer. Pas méchamment, mais moi j'aime bien cette histoire de Jésus, alors je veux vous la raconter, mais à ma façon. Comme j'aime bien la raconter. Donc, au début, pour faire un rapide topo de la dynastie, on va partir d'Abraham. Ça c'est dans l'Ancien Testament, dans la Genèse. Abraham a deux fils, Ismaël, son premier fils, et Isaac, celui qu'il a failli zigouiller sur l'autel à la demande de Yahvé, et puis en fait c'était une épreuve et il l'a pas tué. Les Musulmans disent que c'est Ismaël et pas Isaac. En tout cas pour notre histoire c'est Isaac qui sera le père de Jacob, puis de fil en aiguille et de père en fils on arrive à David, le roi. Le roi des Juifs, quoi, le berger musicien qui a pété la gueule à Goliath, le géant, avec sa fronde. Après David vient Salomon, le roi le plus sage. Celui qui a dit aux deux gonzesses qui se disputaient un bébé qu'il allait le couper en deux, et qui l'a donné à celle qui a refusé le deal. Et enfin de fil en aiguille et de père en fils, encore, on arrive à Joseph. Le fameux Joseph, le charpentier de Nazareth. C'est le fiancé de Marie. Joseph apprend un jour que Marie est enceinte. Il sait qu'il n'y est pour rien, parce que Joseph, il était pur, quoi. Il attendait le mariage, lui. Et paf, elle tombe enceinte. Et ben il était tellement pur, le mec, qu'il a voulu la plaquer discrétos, sans rien dire à personne. Parce que sinon, elle aurait passé un mauvais quart d'heure, la Marie, si tout le monde l’avait appris. Mais y'a l'Ange Gabriel qui vient voir Joseph dans son rêve, et qui lui intime l’ordre d'épouser Marie, parce que le bébé qu'elle attend, c'est pas le bébé de la honte. C'est le fils de Dieu, carrément ! C'est le Saint-Esprit qui est venu pendant la nuit, là, faire sa petite affaire, et hop ! Quand il se réveille, Joseph, il prend son café et il se rappelle son rêve. Il se souvient même que Gabriel lui a dit que ça serait un garçon et qu'il faudra l'appeler Jésus, avec un J, comme dans Emmanuel. Il trouve ça bizarre, mais bon, il est pur le mec, quoi. Donc il s'installe avec Marie, et il ne la touche pas jusqu'à ce qu'elle accouche, dans une étable, à Bethléem. Pendant ce temps, y'a trois mecs un peu chelous qui débarquent à Jérusalem, et qui demandent à voir le roi des Juifs qui vient de naître à Bethléem. Mais y'a un roi, déjà, il s'appelle Hérode, et il veut pas se faire piquer son trône et sa couronne par un petit salopard qui vient de naître. Alors il la joue fine, Hérode. Il dit aux trois rois-mages d'aller chercher le petit Jésus, et de le prévenir aussitôt qu'ils l'auraient trouvé, pour que lui aussi aille lui rendre hommage. Tu parles Charles ! Bon, les rois-mages arrivent à Bethléem, après avoir suivi l'étoile du Berger ; juste à temps. Jésus venait de naître. C'est un beau cadeau de Noël, pour Marie, quand même, un petit Jésus ! Bon, faut dire qu'il va lui faire pas mal de soucis, hein quand même ! Les rois-mages ils offrent plein de trucs, pour la naissance de Jésus. De l'or, de l'encens et de la myrrhe, une espèce d'huile parfumée médicinale. Marie elle est contente, c'est des beaux cadeaux, quoi ! Et les mecs ils viennent de loin, en plus ! Et après ils rentrent chez eux. Alors Gabriel, l'Ange, il revient voir Joseph dans un rêve, et il lui dit de prendre sa femme et son fils et de se barrer en Égypte, pour se planquer un peu, quoi. Parce qu'il sait qu'il va se passer un sale truc, Gabriel. C'est un Ange, il sait tout, quoi ! Il dit à Joseph d'attendre son signal avant de revenir, parce qu'Hérode a décidé de tuer Jésus. Joseph il pose pas de questions, il prend sa femme et son fils, et il se barre ! Hérode, quand il apprend qu'il a été blousé par les rois-mages, il pète un câble, et il fait assassiner tous les enfants de Bethléem qui ont le même âge que Jésus. Il se dit que dans le tas, avec un peu de chance, y'aura sûrement Jésus. C'est pour son trône qu'il fait ça, c'est pas pour le plaisir. Au final, Hérode meurt. Alors Gabriel rappelle Joseph et sa famille, et hop, ils reviennent. Mais pour pas être emmerdé par le fils d'Hérode, devenu roi à son tour, ils vont s'installer en Galilée, à Nazareth, d’où ils venaient quoi. C'est pour ça qu'on l'appelle Jésus de Nazareth. En même temps, y'a un mec, un peu frappadingue, faut avouer, qui se balade dans le désert vêtu d'une peau de chameau et qui baptise les gens. C'est pour ça qu'on l'appelle Jean le Baptiste. Le mec il mange des sauterelles et du miel, c'est tout. Et y'avait plein de monde qui venait le voir, de partout. Et hop il les plongeait dans l'eau, et plus de péchés, ils étaient baptisés, et ils repartaient tout neufs ! Il dit des trucs bizarres, en poussant des cris, je vous baptise dans l'eau, mais c'est rien à côté de celui qui va venir après moi. Lui il va vous baptiser dans l'Esprit Saint et dans le feu ! Flippant, le mec, quand même ! Et là, alors qu'il est encore en train de gesticuler et de vociférer, y'a Jésus qui se rapplique, l'air de rien, pour se faire baptiser. Mais Jibé l'a reconnu. Il lui dit non, pas toi, je peux pas, c'est toi qui prends la relève, là ! Mais Jésus il veut se faire baptiser lui aussi, alors Jean le baptise. Alors y'a les eaux du fleuve qui s'ouvrent, une colombe qui descend et une voix qui vient du ciel dans un grand rayon de soleil et qui dit : Jésus, je suis ton père ! Et Jésus il part, avec la colombe. En fait la colombe c'était le Saint-Esprit qui s'était déguisé. Il aime bien se déguiser, le Saint-Esprit. Et là Jésus il va être en face de Satan. C'est pas la même chose, là. Pendant quarante jours et quarante nuits, il ne mange pas. Rien du tout ! Il jeûne. Et du coup il a un peu faim, quand même. Alors le diable il lui dit de changer les pierres en pain. Puisqu'il est fils de Dieu, il peut faire ce qu'il veut. Mais non. Il résiste, Jésus, il prouve qu'il existe. Il dit au diable qu'il n'y a pas que la bouffe dans la vie, il y a l’amour aussi. L’Amour de Dieu. Ça l'énerve, ça, le diable. Si on veut énerver le diable faut lui parler de Dieu, ça marche à tous les coups. Alors il dit ok, tu le prends comme ça, Jésus. Viens avec moi ! Et Satan emmène Jésus à Jérusalem, tout en haut du temple de Salomon. Jésus il a un peu le vertige, quand même. C'est haut ! Alors le diable lui dit de sauter, comme ça, là, sans parachute, sans rien. Ben oui, comme c'est le fils de Dieu, y'a bien des anges qui vont arriver avec leurs petites ailes et qui vont l'attraper et le reposer par terre. Jésus il dit non. Non, non ! Dieu il a dit qui fallait pas le tenter. Alors je le tente pas. Oui, mais du coup, il ne tente pas Dieu, mais il tente le diable. Alors Satan il l'emmène en haut d'une montagne, tout en haut de la plus haute montagne, et il lui montre le monde entier. Et il lui dit, si tu te prosternes devant moi, je te donne le monde entier. Alors là Jésus il s'énerve un peu, quoi. Il commence à en avoir marre, et il a la dalle, en plus. Alors il dit au diable que non, il ne se prosternera pas devant lui, il se prosternera devant Dieu, et puis c'est tout ! Alors le diable il se barre, il a compris qu'il perdait son temps. Jésus se retrouve tout seul. Et puis il voit des anges qui arrivent, et qui restent avec lui, pour le servir. Il apprend que Jean le Baptiste a été arrêté alors il retourne pas à Nazareth. Il va sur un port de pêche, dans la ville de Capharnaüm. Un vrai bordel ! Et là il commence à dire que le Royaume des Cieux existe, qu'il faut arrêter de faire les couillons sur terre, qu'il faut être un peu moins sauvage, quoi. Parce qu'ils étaient sauvages, les mecs, quand même, à l’époque. Ils faisaient plein de conneries. Il voit deux pêcheurs et il leur dit de venir avec lui. Terminé la pêche aux poissons, maintenant c'est la pêche aux hommes. Simon, qu'il appelle Pierre, va savoir pourquoi, et son frère André, partent avec Jésus, et il laissent tout sur place, femmes, enfants et tout le toutim. Plus loin y'a encore deux frères, Jacques et Jean. Hop, il sautent de la barque et partent avec Jésus, eux aussi. Ils laissent leur vieux père Zébédée hébété tout seul dans la barque. Ben dis donc ! Là ils se baladent partout en Galilée, et Jésus il guérit les malades, il fait plein de miracles. Faut dire que déjà, plus jeune, il était allé à des noces à Cana et il avait changé l'eau en vin. Moi j'ai essayé, j'ai changé l'eau en vain. Faut être allé à l'école avant la réforme du collège, pour comprendre la subtilité de la phrase précédente. Les mecs ils viennent de partout, de Syrie, et il guérit tout le monde. Les fous, les paralysés, tous les malades ! A un moment donné, il se rend compte qu'il y a vraiment du monde. Alors il monte en haut d'une montagne, pour être au-dessus de tout le monde, pour voir tout le monde, et que tout le monde le voit. Il s’assoit, avec sa belle chemise de nuit blanche, et là il commence à parler, à parler, mais à parler de plein de trucs, c'est de la folie. Y'a pas un bruit, même les mouches elle volent pas, quoi ! Allez, c'est bon, je vais vous raconter ce qu'il a dit à ce moment-là. Y'a du lourd ! Au prochain épisode, je vous raconte la suite.


Bernard Werber, ou la possibilité d'une île

Vendredi 07 Juillet 2017

Plus on essaie de rentrer dans le moule, plus on ressemble à une tarte. Ce n’est pas le principal message que je retiendrai de cette journée Master Class Bernard Werber au Chalet des Iles du lac inférieur du Bois de Boulogne, mais quand même, ça donne le ton. Nous étions entre cinquante et soixante joyeuses et joyeux luronnes et lurons, et ce fut une fantastique journée. Après un après-midi aux Feux de la Rampe au mois de mai, une journée sur une île en juillet, quel sera le programme de la prochaine rencontre ? Je ne sais pas si Werber est un homme gentil, mais il parle avec douceur, il est bienveillant, humble, et nous donne envie de donner le meilleur de nous-même. C’est un des plus grands écrivains du siècle, et il nous laisse partager son expérience, son savoir, et se nourrit de nous autant qu’il nous laisse nous nourrir de lui dans ces moments d’une rare humanité. Il suffit de traverser le lac, même pas besoin de donner la pièce au passeur. Petit déjeuner en terrasse dans un petit paradis. Si Gibraltar était un détroit, qui sont les deux autres ? Cette fois-ci on est passé du coton-tige au GPS, avec l’île en bouée de sauvetage. Chercher à savoir qui nous sommes vraiment. Et que notre héros fasse la même chose. Les yeux dans les yeux, deviner le métier, le défaut, le grand secret ou le fantasme sexuel de l’illustre inconnue qui nous scrute dans le même but. Quoiqu’il arrive, toujours faire avancer le héros dans l’intrigue. Comme dans la vie finalement, toujours avancer. Comme sur les Chemins de Compostelle, toujours vers l’ouest, sans se retourner. S’inspirer d’histoires vraies, comme pour Le Comte de Monte Cristo ou La Belle et la Bête et l’homme mi-singe Pedro Gonzales. Faire un plan anatomique du roman, son squelette, ses organes, ses muscles et sa peau. Il ou Je ? Présent ou Imparfait ? L’incipit, on doit se faire chier toute une vie sur une île. Les dialogues et les bonnes formules. Ecrire sans réfléchir ou sur la musique de Waterworld. L’excipit, en la regardant une dernière fois, je me souvins de la première fois, et ce fut la dernière fois que je la vis. Je ne l’ai pas dite au micro celle-là, je n’ai pas osé. Se faire sa propre encyclopédie du savoir relatif et absolu. Entretemps on a déjeuné, et puis après on s’est fait virer de la salle, et on a fini sous un arbre au bord de l’eau. Bernard et ses fourmis, il faut le vivre tellement c’est bon. Formidables fourmis que j’ai pris plaisir à découvrir, regarder, écouter. Une réconciliation avec l’humanité, moi qui pense de plus en plus que dire de quelqu’un qu’il est humain est une insulte tellement les humains démontrent chaque jour qu’ils sont plus haïssables que la veille. Je vais dessiner un plan du roman que j’ai commencé à écrire après la Master Class des Feux de la Rampe. J’avais retenu le message principal adapté à ma lacune principale : quoiqu’il arrive, écrire jusqu’au mot FIN. Depuis j’avance, mon héros aussi, toujours vers l’ouest. J’ai acheté un jeu de tarot de Marseille, j’ai regardé un vieux film de Rocambole sauvé des eaux par son auteur sur le site de l’INA, j’ai rangé mon Houellebecq et j’ai trouvé une vieille édition de la première traduction française d’Animal Farm de George Orwell. La ferme des animaux s’appelait Des animaux partout en 1947. Merci à Raphaël Enthoven pour le tuyau. Napoléon s’appelait César. Aujourd’hui on l’appellerait Jupiter. Allez, il est bientôt l’heure de dormir et de rêver à mes fantômes et autres farfafouilles. Tout prend forme. Il n’est jamais trop tard. Je croyais que c’était moi le dieu des fourmis quand j’étais petit, mais j’avais tort. Moi je ne suis qu’une fourmi. Werber, c’est un mec bien !


Master Class Bernard Werber, retour d'expérience

Samedi 27 Mai 2017

Donc quoi ? Je voulais y aller, j’vous jure, mais j'ai quand même failli mourir la veille ! Des papillons dans les yeux, le cœur oppressé, des frissons sur tout le corps, les jambes lourdes, l'envie de vomir, j'étais à l'agonie, moi, aux portes des enfers, sur les berges du Styx, je devinais au loin dans la brume la barque de Charon qui s'approchait pour me faire embarquer et m'emporter, et je n'avais même pas de monnaie sur moi, pas la moindre pièce d’or. Et ma tenue de thanatonaute était encore au pressing. Déjà ma chatte noire se pourléchait les babines de sa langue râpeuse : Miaou. Je porte le deuil cinq ou six minutes et je le bouffe. Il me gave quotidiennement de croquettes dégueulasses et m'octroie de temps en temps une coupelle de Sheba. Sérieux je le bouffe ! Ma femme m'a dit : vas-y, sinon tu vas le regretter. C'est bien pour lui faire plaisir que j'y suis allé. C'est pas que je voulais pas, je voulais y aller, j’vous jure, mais j'ai quand même failli mourir la veille. Bon j'y suis allé. Parce que ma femme a toujours raison, je dois bien l'admettre. Depuis le temps que je la connais, je la connais. J'étais pas en belle forme, c'est sûr. La voiture, le train, le métro, le vélib ; sans dec, j'avais vraiment envie d'assister à cette master class. Y'a du monde qui fait la queue. C'est sûr tout ce monde c'est pour lui. J'ai demandé je confirme c'est pour lui. Les feux de la rampe. C’est un théâtre. On rentre on s'installe le maître entre en scène. Nature. Cool. Sympa. Le mec il vend des millions de livres dans le monde entier et il se présente peinard sur une scène parisienne un samedi aprèm caniculaire devant 130 illuminés à qui il va refiler la recette de sa potion magique pour quarante balles TTC. Cool je te dis. Il nous donne plein d'astuces pour devenir des romancières et des romanciers, pas forcément célèbres, mais au moins crédibles, mais surtout qui sachent écrire jusqu’au mot FIN. Il nous fait même participer, c'est vivant, énergique, drôle, c'est bourré de talents dans cette salle. Ah non je dis rien, aucun résumé, c'est entre Bernard et nous. Pas Bernard Hinault, me prends pas pour un blaireau, Bernard et nous ! Trois heures après, fin du cours, la cloche sonne, c'est les vacances, vous les copains je n'vous oublierai jamais. Mais crois-le, ou crois-le pas si tu veux je m'en fous, mais master Werber ne nous lâche pas. Tel le joueur de flûte de Hamelin il nous entraîne jusque dans un parc de la ville. Faut nous voir le suivre comme des fourmis disciplinées, en colonne au pas dans les rues de Paname. Je me sens comme Z du dessin animé, plus cigale que fourmi, au milieu de dizaines formicidae soldats, engagé volontaire dans une guerre perdue d'avance contre les terribles termites. Bernard Werber reste avec nous, il ne peut plus se passer de nous, incroyable ! Quand on veut partir il s'accroche à nous, se traîne par terre dans la poussière, il m'a serré si fort la cheville droite que j'en ai failli la perdre par manque d’irrigation sanguine. J’en ai encore les stigmates, je vous ferai voir un jour. Il a insisté pour faire des photos, des selfies, et pour nous signer des livres. Alors là je l'ai bien eu, je lui ai fait dédicacer un roman de Houellebecq.. une prouesse ! La possibilité d'une île. Comme quoi. Tout est possible. Il veut absolument que l'on se revoit. Tous ! Je crois bien qu'il est fou. J'ai profité d'un de ses rares moments d'inattention pour m'éclipser. J'ai filé. Vélib, métro, train et voiture, je suis rentré à la maison. Werber c'est un mec en or. J'ai remercié ma femme. C'est une pierre précieuse. Un joyau. Je crois que je suis amoureux d'elle. Merci Bernard ! Donc ça !